Levens Pour Tous

Levens : Une géographie singulière

Venant de Nice, l’arrivée à Levens est saisissante. Il y a d’abord la découverte, dans ce pays de gorges et de vallées, d’un vaste espace qui, tout à coup, repousse l’horizon, brouille les notions de distance. Mais il y a aussi, très vite, la perception d’une autre singularité. Ce village perché, se perche comme aucun autre. A l’inverse de ses voisins, oppressés, corsetés par des reliefs trop proches, il respire à pleins poumons. Il ne se contente pas de dominer de façon altière, de presque six cents mètres de haut, les vallées du Var et de la Vésubie, il prend ses distances avec les montagnes environnantes, revendique d’exister par lui-même

un-village-histoire-village-2008Et le paysage joue le jeu. D’un côté, dans un lointain nord-est, l’aiguille abrupte du mont Gelas, striée de combes enneigées, hérissée d’escarpements rocheux ; de l’autre, au sud, le miroitement du triangle bleu de la Méditerranée, planté comme un coin dans l’imbrication des collines. Seule entorse à ce splendide isolement, le Férion, dont la monumentale croupe se dresse à l’est et fait un formidable rempart naturel au village. Au total, un privilège rare : la mer et la montagne, à portée de main. A ce mariage de deux univers si contrastés les Romains ont donné un beau nom : Alpes-Maritimes. C’est peut-être à Levens qu’ils en ont eu l’idée ?

un-village-levensPeu de lieux en effet illustrent de façon aussi éclatante cette connivence, cette complémentarité aimable, entre rugosité alpine et douceur méditerranéenne. Une situation remarquable qui donne naissance à une autre particularité, que l’on pourrait appeler, sans chauvinisme excessif, un climat méditerranéen de type levensois. Ce microclimat présente bien sûr les grandes lignes du climat méditerranéen niçois : précipitations irrégulières concentrées en automne et au printemps, étés secs et raisonnablement chauds (rarement plus de 30°C), des hivers plutôt doux et peu arrosés avec des températures moyennes légèrement inférieures à 10° mais cependant quelques jours de gel par an. Un profil moyen qui n’exclut pas des foucades surprenantes, comme la grande tempête des 9 et 10 février 1909 ou les terribles gelées des hivers 1956 et 1959.

Un paradis tempéré

A ce tableau général il faut ajouter une particularité toute levensoise : un régime de brises thermiques assez exceptionnel par son amplitude et sa régularité qui, en été, fait du village un paradis tempéré, caressé en permanence par un air doux et pur. Les anciens ne s’y étaient pas trompés, ils avaient fait de Levens une petite station climatique de bonne réputation. Quant aux niçois, ils venaient, en famille, s’y abriter des touffeurs estivales de leur ville. Un tourisme écolo avant la lettre, désormais plus prometteur, en nos temps de dérèglement climatique, que le bétonnage et le « lotissage », ces deux mamelles stériles des économies locales sans imagination, sinon sans ambitions.